Auriac à travers l'Histoire

  « AURIACUM » tient peut être son nom d’un  Gallo-Romain : AURIUS.

Un site de Villa Gallo-Romaine est en effet attesté, au lieu dit « La Durande ».
 La première mention du château date du XI ème siècle. Il appartient alors au Vicomte d’ALBI. Acheté en 1071 par Raimont Comte de BARCELONE, il passe en 1138 sous la dépendance de Roger de BEZIERS. Le village est tout entier fortifié dès le XII ème siècle par un mur et des fossés. Le Donjon du  Château, aujourd’hui Clocher est une construction massive avec des murs de pierre de 4 mètres d’épaisseur. Son architecture s’apparente à celle du   Donjon du Château de Puivert. Il comporte 3 niveaux accessibles, correspondant l’un  à la salle de justice, le second à l’appartement du Seigneur, le troisième au chemin de ronde, à 35 mètres au dessus du village, aujourd’hui couronné d’un clocheton. Le château proprement dit comprenait 3 tours reliées entre elles par des murs. On peut voir les restes imposants d’une de ces tours sur une lithographie d’Eugène de MALBOSC datée du 18 août 1839.

 AURIAC  entre  en 1271 dans le domaine royal. La Baronnie d’AURIAC est ajoutée  à la Vicomté de CARAMAN en 1484. L’Eglise  a sans doute été constituée progressivement à partir de la Chapelle du Château.
En 1563, le village bâti autour du château est pillé par les protestants de Puylaurens. Le 8 septembre 1568 l’église est incendiée par l’armée des Princes. En 1591 ,le village  est à nouveau pillé et brulé par les bandes du Duc Henri de Joyeuse, chef des ligueurs. Il n’y a pas de massacre comme à Caraman car les habitants d’Auriac ont pris la précaution d’abandonner leur village. En 1598 l’Edit de Nantes interdit à Auriac la religion protestante, l’Eglise est reconstruite aux frais des protestants.
 A la révolution les 4 chapelles d’AURIAC : ST MARTIN, CHOPLES, ST MARTIAL et NOUMERENS  sont visées par un arrêté départemental en application duquel on nomme 4 commissaires chargés d’en surveiller la démolition et la ré-affectation des matériaux récupérés. L’Eglise ne semble pas avoir fait l’objet d’un arrêté de destruction . Les matériaux de St MARTIAL auraient  servi  à la reconstruction de l’Eglise d’AURIAC parachevée en 1847 avec la réalisation d’un parvis et d’un escalier d’accès. l’Eglise prend alors, à peu de choses près, l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. 

L’ EGLISE D'AURIAC

 Une halte devant le parvis permet un premier contact avec l’édifice.  Au dessus du porche d’entrée est gravée l’inscription : D.O.M Domus Orationis Mea ( Ma maison de Prière)  sub inv B.M Magdelena ( sous le vocable de  Ste Marie-Madeleine) et le blason d’Auriac : « d’Argent d’Hermines plain en  5-4-3 » surmonté  d’un tortil de Baron avec la devise « Jugiter Fida » : « Toujours fidèle » . Ce blason présente une forte ressemblance avec celui du village et de la Maison de PUIVERT, "d’Argent d’Hermines plain en 3-2-1".

En entrant dans le vestibule, on remarque à gauche le baptistère de l’ancienne Eglise datant d’avant la Révolution : une niche encadrée dans un mur du Clocher protégée par une balustrade circulaire. La décoration de cette niche date du XVIII ème. Au centre de la scène, le Christ s’avance en s’inclinant pour recevoir le baptême des mains de St Jean-Baptiste placé à gauche. A sa droite deux anges déploient un immense drap bleu pour essuyer son corps. Quoique fortement dégradée, la partie supérieure suggère les « cieux ouverts » dont parlent les récits évangéliques et la communication des deux mondes. Les quelques éléments de paysage, visibles à droite et à gauche, semblent s’inspirer, des compositions des peintres français influencés par l’Italie. Un décor Renaissance orne l’intrados de l’arc d’encadrement. Il met en valeur un médaillon central peint au plafond, timbré du triangle symbole de la trinité manifestée, portant en son centre le nom Yahvé en lettres hébraïques : yhvh. Il est entouré d’un bandeau portant l’inscription : "C’est mon fils bien aimé en qui j’ay mis mes délices". Transcription du XVIIIème de Marc 1/9-11 « Tu es mon fils bien aimé en toi j’ai mis toute mon affection »

LA NEF : La reconstruction de 1847 va transformer l’édifice de fond en comble : on rebâtit la couverture de la  nef, qui comprendra désormais 3 travées .   La première à l’entrée  à croisée d’ogives en pierre, surmonte le vestibule (narthex). Elle s’appuie sur 2 piliers massifs , qui sont partie de l’ensemble médiéval .  Les 2 autres travées sont à arêtes vives de brique et plâtre. On aménage sur l’aile droite trois chapelles, venant s’ajouter à 3 chapelles sur l’aile gauche dont la première porte la trace d’une construction beaucoup plus ancienne. On conserve le baptistère en l’Etat et on place un bénitier en griottes du Minervois face à la porte d’entrée.

L'ORGUE : On installe au dessus du vestibule, sous la croisée d’ogives en pierre la tribune de l’orgue, qui sera accessible par un petit escalier de bois. 10 ans plus tard en 1857 on met en place un premier orgue de 13 jeux dont les tuyaux sont tous en étain fin. L’acoustique de l’Eglise est en tous points remarquable et le son, qu’il s’agisse de chant ou de musique orchestrale s’en trouve en quelque sorte magnifié et sa puissance émotionnelle amplifiée. Cet orgue commandé à la manufacture FEUGA de TOULOUSE a 13 jeux, 2 claviers et pédale. En 1890, le célèbre facteur d’orgues Toulousain Théodore PUGET, reprend et transforme l’instrument qui comporte alors 2 claviers de 54 notes et un pédalier de 25 notes.

LA PREMIERE CHAPELLE A GAUCHE donne accès au Donjon. Au sol de grandes plaques d’ardoises recouvrent une cavité, dans laquelle ont sans doute été placées des sépultures. Un ancien bénitier d’avant 1847 est placé en son centre ainsi qu’une statue de St JOSEPH à l’enfant, don d’une famille d’AURIAC au début du siècle. L’arc d’entrée est en brique mais les 3 arcs muraux plein-cintre en pierre lui confèrent un caractère roman marqué.

LA DEUXIEME CHAPELLE A GAUCHE : Au dessus d’un autel en marbre de griottes, est suspendue une Statue de VIERGE à l’ENFANT en bois-doré du XVIIIème, qui vient du retable de la maison des religieuses( en provenance vraisemblablement d’une des chapelles détruites à la Révolution) et a été placée dans l’Eglise en 1970

LA TROISIEME CHAPELLE A GAUCHE : Ornée d’un vitrail avec tout en haut un pentagramme portant la croix de malte en son centre. Au milieu, les armes des familles ayant contribué à la restauration de 1847. En bas, "Agonie du Christ au Jardin des Oliviers", la Vierge se tenant au pied du Christ en Croix. Peinture représentant les âmes du purgatoire montant au ciel.

LE CHŒUR :  Au centre du chœur, le maître autel en forme de tombeau est en marbre polychrome, décoré d’un écusson de style Louis XV. Il s’accompagne d’un grand retable, orné de 6 colonnes en marbre : 3 de chaque coté, encadrant un tableau de Fauré (Jean-François Fauré 1750-1824 élève de Despax peintre Toulousain) représentant Marie-Madeleine patronne de la Paroisse au pied du Christ en Croix. Ce tableau a remplacé un retable inspiré du même motif qui se trouvait à peu près à la même place avant la Révolution. Le tout est couronné d’un fronton en bois-doré (rinceau) de style Louis XV. De chaque coté du retable, un décor fait d’une urne ornée de guirlandes et de médaillons de style Louis XVI surmonte deux portes donnant accès à la sacristie. Le décor du Retable est signé Montels, doreur en 1772 . Le ciborium est en bois doré, la table de communion est en fer forgé : elle se compose de 2 parties droites reliées par une partie en arc de cercle. Elle a été réalisée par un artisan local. De part et d’autre de l’autel sont disposées des stalles en bois massif. Deux  vitraux ornent le chœur. A droite, Aumône de ST Martin des ateliers ST Blancat en 1902, A gauche St Nicolas.

LA TROISIEME CHAPELLE A DROITE : Au mur une peinture de Jean-François Fauré : St Dominique reçoit le rosaire des mains de la Vierge. Vitrail de DAURIA (Toulouse) : La nativité-Le calvaire-Le couronnement de la Vierge-St Dominique recevant le rosaire.

LA DEUXIEME CHAPELLE A DROITE : Statue du XVIIIème : St Louis d’ANJOU petit neveu de St Louis, Franciscain Evêque de Toulouse. Autel en marbre avec médaillon également en marbre Ste Anne et sa fille Marie décoré par une petite statue de Vierge de Lourdes. Vitrail : les anges viennent chercher les âmes du purgatoire.

LA PREMIERE CHAPELLE A DROITE : Vitrail, Saint Michel terrassant le dragon–Vierge agenouillée et Sainte Marie-Madeleine ange et enfant. Statue : Pieta qui se trouvait auparavant, dans une niche creusée dans le mur du Donjon dans le Vestibule, où se trouve actuellement un panneau hommage aux morts de la guerre de 14-18. Statues de ST Antoine de Padoue et de Ste Thérèse.                                          -                

  LES DERNIERES RESTAURATIONS : La façade-ouest du clocher et l’entrée de l’Eglise ainsi que les travées et tous les murs intérieurs, ont été restaurés en 1971, les travaux étant supervisés par M. VILLEMUR architecte . Cette restauration a été entièrement financée par la paroisse alors animée par l’abbé MELCHIORI. A cette occasion  les statues de Ste Jeanne d’ARC, de St JUDE, de N.D de LOURDES et de Ste GERMAINE ont été déplacées dans le clocher avec les Stations du Chemin de Croix.
Le clocher lui même dont les façades sont exposées aux intempéries s’était fortement dégradé. Des pierres se détachaient régulièrement de ses murs, très effrités au niveau du chemin de ronde, qui constituaient un danger pour les fidèles et le voisinage. En outre l’accès par l’escalier du moyen-âge n’offrait plus la sécurité nécessaire à l’entretien de l’édifice. Sous l’égide de la municipalité d’Auriac, sa mise en sécurité a donc été entreprise en 2006 et 2007 avec le soutien majeur du Conseil Général de Haute Garonne. La maîtrise d’ouvrage de cette restauration a été confiée à Jean Pierre BONHOURE Architecte. Les travaux ont permis d’une part de rendre possible la visite et surtout de sécuriser les abords, d’autre part de rendre à ce bel édifice sa fière allure médiévale.
Un nouveau vitrail, œuvre de Julie BARBOTIN, a été mis en place dans la fenêtre au dessus du porche. Dans les salles du premier et du deuxième niveau du Clocher-Donjon, une exposition rassemble aujourd’hui les statues et les stations déplacées en 1971, qui évoquent le  passé architectural et religieux de l’Eglise. On peut y voir également l'ancien mécanisme de l'horloge.

 

 

L'EGLISE DE NOUMERENS

 De style roman, le clocher mur formé de trois baies campanaires est tourné vers l'ouest. Mentionnée pour la première fois  le 22 février 1318, l'église fait alors partie de la manse capitulaire de Saint Félix. A moyen âge, elle est vraisemblablement sur la route du sel et le chemin de Saint Jacques de Compostelle qui va d'Arles à Toulouse. Parmi les singularités datées de la fin du VIII ème siècle, un fragment de sarcophage est scellé dans le mur de l'église, représentant un chrisme, symbole de de l'Eglise chrétienne primitive,  et une rosace, symbole des premiers chrétiens que l'on trouve également sur des sarcophages à Montferrand dans l'Aude.

L'église a fait l'objet d'une importante rénovation conduite par l'association auriacaise des "Amis de Noumérens" et la municipalité.

 

 


LE PONT VIEUX

Contruit au XV ème siècle, le pont vieux permet alors l'accès vers Choples à l'est et Vendine et Loubens à l'ouest. La marquise de Loubens-Verdale à l'initiative de sa construction perçoit un péage les jours de marché. Cette taxe qui s'élevait à un denier du Puy est supprimée vers 1740 - 1750. Aujourd'hui, un pont construit sur la route départementale assure le passage de la Vendinelle.

 

 

 

 L'ANCIEN CHÂTEAU

 De style gothique flamboyant, les fenêtre de l'ancien château datent du XVI ème siècle sont inscrites au répertoire des monuments historiques.

 

 

 

 

 

 Les informations de cette page sont issues d'articles émis par Gilles Leygues et de l'ouvrage "Patrimoine de la haute Garonne". Les photographies sont de Jacques Labarthe.